Evaluation alimentaire

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EN PREAMBULE …

Sans être négligeable, l’influence de l’alimentation est peut-être moins importante que ce que l’on prévoyait il y a encore quelques années. L’obésité l’excès de graisse abdominale et la forte corpulence augmente les risques de cancers de l’œsophage, du pancréas, du côlon, du sein après la ménopause, du rein et de l’endomètre. L’alcool est un carcinogène important. Il augmente le risque de cancers ORL, de l’œsophage, du sein et du côlon. La viande rouge et la charcuterie augmente significativement les risques de cancer du côlon, du poumon et de l’estomac. La consommation de poisson diminuerait la fréquence des cancers du côlon et du rectum. Les fruits et les légumes diminuent probablement les risques de cancers ORL, de l’œsophage et de l’estomac. Les fibres peuvent contribuer à la diminution du risque de cancer côlon. La supplémentation, en antioxydants ou en vitamines n’a aucun impact sur les risques de cancer. La supplémentation en bêta-carotène augmenterait le risque de cancer du poumon chez les fumeurs. Quelques études seraient plus positives vis-à-vis de la supplémentation en sélénium.

LES RECOMMANDATIONS

Recommandations diététiques de la Société Américaine du Cancer

  • Manger des aliments sains et variés, avec au moins 5 fruits ou légumes par jour
  • Préférer la consommation de céréales complètes aux sucres et autres aliments raffinés
  • Limiter la consommation de viande rouge, tout spécialement les viandes « transformées » et riches en graisse

Le Plan National Nutrition-Santé (2001) propose d’augmenter la consommation des aliments riches en glucides et fibres alimentaires de 50 %. Les apports nutritionnels conseillés (2000/2001)  sont d’augmenter l’ingestion journalière de fibres alimentaires à 25 voire 30 g/Jour.

DEFINITIONS UTILES

Les macro-nutriments

Ils sont représentés, par exemple, par les glucides, les protéines, les lipides, les fibres alimentaires.

Les micro-nutriments

Le terme de micro-nutriment regroupe deux catégories de substances :

  • Les vitamines: A, E, C,  les vitamines du groupe B, y compris l’acide folique (vitamine B9)
  • Certains minéraux comme le calcium, le sélénium, le fer, le zinc ou le molybdène qui agiraient de la même façon

Les micro-nutriments sont essentiels au métabolisme des macro-nutriments (glucides, lipides, protides). Ils ont des fonctions communes : celles de cofacteurs ou de coenzymes, et celles de neutralisation des radicaux libres. Leur apport énergétique propre est nul.

Les non-nutriments

Ils auraient un rôle d’antioxydant et de stimulant de l’immunité. Ils seraient, de plus, impliqués dans la différenciation et la croissance cellulaire. Ils comprennent :

  • Les monoterpènes ,contenus dans les agrumes
  • Les dithiolethiones, contenus dans les crucifères
  • Les alliques et les polyphénols, … 

Les compléments alimentaires

La Vitamine A, le bêta-carotène et les caroténoïdes :

  La plupart des études ont donné des résultats discordants et sont, en général, décevantes, comme par exemple :

  • Un effet discutable de la vitamine A sur la prévention des récidives des cancers de la peau
  • Aucun effet ou une augmentation du risque de cancer du poumon chez les gros fumeurs montré dans les études ATBC ( J Natl Cancer Inst 1996;88:1560-70 ) et CARET ( beta-Carotene And Retinol Efficacy Trial – J Natl Cancer Inst  1996;88:1550–9 )
  • Des résultats discordants des étude de prévention des cancers de la sphère ORL par les rétinoïdes (isotrétinoïne ou acide 13-cis-rétinoïque) ou le β-carotène donnés à des patients porteurs de lésions pré-malignes ou pour la prévention d’un second cancer

D’autres études ont été plus positives, en particulier sur l’intérêt des lycopènes, surtout contenus dans les tomates pour le cancer de la prostate. Bien que certaines études sur le cancer du sein et du poumon aient montré l’intérêt des rétinoïdes, il existe toujours un débat sur la pertinence de cette approche.

La supplémentation en vitamines  avec de fortes doses : 

Les études, en particulier chinoises, se sont toutes soldées par un échec. Il en va de même d’une récente avec l’acide folique. Des essais portant sur la consommation de cucifères se sont révélées intéressantes.

Les antioxydants

La méta-analyse, publiée dans The Lancet (2004;364(9441):1219-28 ), a porté sur 14 essais ayant enrôlé plus de 170 525 patients, comparant la prise d’antioxydants à la prise de placebo en prévention des cancers digestifs. Cette analyse a montré qu’il existe, une augmentation significative du risque relatif de la mortalité de l’association β-carotène et la vitamine A est de 1,3 (intervalle de confiance 95 % de 1,14 à 1,45) et de l’association β-carotène aet de vitamine E est de 1,1 (de 1,01 à 1,20). A l’opposé, le β-carotène seul n’a pas d’influence significative. Dans quatre essais, de qualité moyenne, la prise de sélénium serait associée à un effet favorable sur l’incidence des cancers du tube digestif.

l’étude SU.FOL.OM3

L’objectif de cette étude était d’évaluer l’intérêt d’une supplémentation en vitamine B et/ou acides gras oméga 3 sur le taux d’apparition de différents cancers.

Initialement, l’étude SU.FOL.OM3 avait comme objectif principal d’évaluer l’impact de ces compléments alimentaires en prévention secondaire chez des patients ayant présenté un accident cardiovasculaire. Dans cet essai, 2 501 patients âgés de 45 à 80 ans ont été inclus pour recevoir, pendant 5 ans, un de ces 4 types de compléments alimentaires :

  • Vitamines du groupe B : vitamine B9 ; 0,56 mg, vitamine B6 ; 3 mg et vitamine B12; 0.02 mg
  • Oméga 3 : acides eicosapentaénoïque et docosahexaénoïque (600 mg) dans un rapport de 2:1
  • Association vitamines du groupe  B et oméga 3
  • En placebo

Les résultats :

– Peu significatifs Cent soixante quatorze cancers (7 %) ont été détectés pendant la durée du suivi de 5 qui concernaient 145 hommes et 29 femmes. La mortalité par cancer fut de 2,3 %. Globalement les résultats ne montrent pas de différence signification entre le groupe placebo et les groupes des patients ayant reçu des compléments alimentaires, en terms d’incidence de cancers.

– Un effet délétère possible… Chez les femmes recevant des oméga 3, l’analyse a permis de mettre une augmentation significative du risque de cancer par 3 (HR=3,02 ; Intervalle de Confiance 95% de 1,33 à 6,89).

CE QU’IL FAUT EN RETENIR… Les compléments alimentaires n’ont probablement pas d’action délétère sur les facteurs de promotion des cancers déjà existants. Aucune étude ne permet d’affirmer ou d’infirmer un effet des compléments alimentaires sur l’initiation de cancers.

 

ALIMENTATION ET CANCER :

Facteurs Recommandations
Corpulence Être aussi mince que possible IMC compris entre 18,5 et 25
Activité physique Être actif au quotidien
Aliments et boissons favorisant la prise de poids Limiter les aliments à forte densité calorique Éviter les boissons sucrées
Aliments d’origine végétale A consommer principalement Au moins cinq portions (400 g) par jours
Aliments d’origine animale Limiter la consommation de viande rouge (moins de 500 g/semaine) Éviter la charcuterie
Boissons alcoolisées Limiter à une boisson par jour pour les femmes; deux pour les hommes
Conservation/préparation Limiter la consommation de sel à 6 g/jour Éviter les aliments salés et conservés par salaison
Compléments alimentaires Chercher à satisfaire les besoins nutritionnels uniquement par l’alimentation Les compléments ne sont pas recommandés

Pour conclure…

  • Diminuer l’apport calorique total
  • Lutter contre l’obésité
  • Augmenter l’apport en fruits et légumes (5/jour)
  • Être très méfiant vis-à-vis des compléments vitaminiques dont l’effet est, a minima, discutable, voire délétère
  • Adopter une alimentation méditerranéenne
  • Éviter certains modes de cuissons :
    • Cuissons hautes températures
    • Cuissons à flamme nue
    • La friture des graisses
  • Assurer une bonne conservation des aliments

Source : Infocancer