Traitement de la douleur

EVA - Mediform.fr - Lyon

La prise en charge de la douleur chronique

Certaines maladies (cancéreuses ou non cancéreuses) peuvent engendrer de la douleur, parfois transitoirement (pic douloureux), parfois de façon chronique. Certains prélèvements (piqûres, ponctions, biopsies,…) et certains traitements peuvent eux-mêmes entraîner des douleurs. Il est impératif de repérer précocement ces différentes douleurs afin de les prévenir et de les soulager rapidement.

La douleur n’est pas toujours un indicateur de la maladie : il existe des maladies bénignes qui peuvent provoquer d’importantes douleurs et des maladies avancées qui ne s’accompagnent d’aucune douleur. Dans tous les cas, quand la douleur est présente, elle doit toujours être prioritairement  traitée. La prise en charge de la douleur associe des moyens médicamenteux et non médicamenteux. Elle nécessite des évaluations et des réajustements réguliers des moyens de soulagement utilisés.

Évaluer la douleur

Plusieurs échelles sont utilisées pour quantifier la douleur, une sensation qui demeure subjective. La plus employée est l’échelle visuelle analogique (EVA) ou l’échelle numérique (EN). Le score compris entre 0 et 10 indique le niveau de douleur ressenti par le patient. Cette évaluation répétée permet de suivre l’efficacité de la thérapeutique antalgique et de la réajuster selon les besoins. Les douleurs neurogènes sont appréciées par un court questionnaire, appellé le DN4.

Les traitements médicamenteux

Le traitement médicamenteux de la douleur associe des molécules à diffusion prolongée (12 ou 24h) pour gérer les douleurs de fond et des solutions permettant de soulager des pics douloureux qui pourraient survenir de façon inopinée et ponctuelle. Nous pouvons donc recourir à  des médicaments à longue durée d’action (comprimés, gélules ou patchs) et des médicaments à durée d’action plus brève (quelques heures) mais à l’efficacité plus immédiate (comprimés, gélules, solutions buvables, sucettes). Les médicaments prescrits tiennent compte du type de douleur, du délai et de la durée d’action des molécules utilisées.

Pour des douleurs légères à modérées, des antalgiques courants comme le paracétamol ou des anti-inflammatoires peuvent être suffisants. Il est aussi possible d’avoir recours à des associations qui améliorent l’action de ces médicaments.

 Pour une douleur importante, des dérivés morphiniques peuvent être prescrits (traitements de palier 2 ou 3 selon la classification de l’OMS). Ces médicaments sont efficaces sur un grand nombre de douleurs quand ils sont correctement prescrits sur des douleurs bien évaluées. Ils sont globalement bien tolérés.

La stratégie thérapeutique de la prescription des morphiniques vise à favoriser un sommeil réparateur et à permettre une bonne mobilité pour le maintien des activités. La « bonne dose » de morphine est celle qui permet le soulagement : elle est variable selon le type de douleur et les individus. C’est une prescription individuelle.

Un dispositif appelé PCA (Analgésie Contrôlée par le Patient) peut être envisagée. Il s’agit d’une pompe miniaturisée, qui délivre un dérivé morphinique. Elle est programmée pour administrer l’antalgique avec un débit continu et offre au patient la possibilité de s’administrer des doses complémentaires ou bolus, en cas de pics douloureux.

Les principaux effets secondaires des morphiniques sont la constipation et les nausées (souvent transitoires). Une somnolence, variable selon les individus, peut être rencontrée en début de traitement : elle correspond souvent à la récupération de la dette de sommeil accumulée en raison des douleurs non soulagées auparavant. Ces désagréments peuvent être prévenus ou corrigés.

Certaines douleurs répondent moins bien au traitement par les dérivés morphiniques. Il s’agit de douleurs liées à des atteintes des nerfs, blessés par la maladie ou les traitements. On parle de douleurs neurogènes. Ces douleurs sont assez caractéristiques dans leurs manifestations : sensations de brûlures, picotements ou décharges électriques. Elles réagissent davantage à des médicaments qui vont moduler la conduction de l’influx nerveux des nerfs lésés. Ce sont des médicaments de la famille des antidépresseurs, des anesthésiques ou des anti-comitiaux, utilisés comme antalgiques alors même qu’il n’existe ni dépression, ni maladie épileptique.

Les thérapies non médicamenteuses

Il existe aussi des méthodes complémentaires  aux traitements médicamenteux pour soulager les douleurs. Il peut s’agir de stimulations cutanées par application de froid (cryothérapie), de stimulations électriques (TENS), de stimulations mécaniques (massages). Il peut encore s’agir de  kinésithérapie, d’ergothérapie, de psychomotricité, d’acupuncture ou l’auriculothérapie, de techniques de relaxation telles que la sophrologie et l’hypnose, ou encore de psychothérapies, …). Des thérapies occupationnelles (arthérapie, musico-thérapie…) peuvent aussi apporter un soulagement.